
4 h du mat et réveillée, forcément. Je suis rentrée hier ou peut être avant hier, je ne sais plus trop ! L'impression de naviguer dans un espace élastique, sorte de continuum espace temps, où l'on ne sait plus où on habite et à quelle heure. J'aime en réalité ces moments de calme en plein milieu de la nuit, comme des instants volés à la journée où l'on peut s'autoriser à rêver. J'écoute le bruit de la pluie et je regarde par ma fenêtre les arbres qui bordent ma petite alcôve. Un palmier et une sorte d'arbre à grosses feuilles, qu'on imagine originaire de pays tropicaux. Pas de doute je ne suis plus en France. Chaque retour est emprunt de nostalgie. Je n'ose l'avouer mais je tente de garder en moi les bruits de la France, la langue, surtout les voix. On oublie les voix, les gestes, les lieux très vite. J'ai dans la tête la voix de mon amie Camille et le rire de Gabrielle, la façon qu'elle a de se pencher en avant quand elle rigole et de mettre sa main sur sur sa poitrine. La voix de Tommaso aussi, son accent italien. Je rêve de Naples en fait. Dans mon petit lit, sur les collines de Sausalito, je rêve de Posillipo. Posillipo est un quartier au sud de la ville qui fait face à toute la baie de Naples. Je l'ai découvert un soir un peu au hasard le jour de Noël. Accompagné d'un bel italien rencontré la veille dans une pizzeria et devenu guide improvisé, je suis la route en zig zag qui semble mener nulle part. Puis, en contre bas, les pas hésitant sur un chemin en escalier, je découvre une petite crique déserte, une plage, un restaurant qu'on imagine blindé de monde en été, et une maison avec une fenêtre qui donne sur la mer. Un peu comme chez moi à Sausalito. Mon italien me raconte que c'est là qu'a été écrite une célèbre chanson d'un poète napolitain. A 10 000 km de Posillipo, dans mon lit face à la baie de San Francisco, je deviens soudain obsédée à l'idée de retrouver cette chanson. Google. Posillippo, Naples, la fenêtre, poète, Salvatore di Giacomo, you tube. Ca y est ! magie de l'internet, je me rendors bercée par cette chanson qui me fait remonter le parfum de l'Italie : "Marechiare"